Theorbo/Chitarrone
Le théorbe italien (ou chitarrone)
Le théorbe est un dérivé instrument dérivé du luth basse, inventé à l'aube du XVIIème siècle pour accompagner la voix dans la "nouvelle musique". Les premières mention du théorbe remontent aux intermèdes de la Pellegrina, lors des festivités florentines du Mariage du Duc de Gonzague et de XXX. Le manche du luth est prolongé par un second manche destiné à y tendre des longues basses (de 150 à 180cm). Le petit jeu (les cordes jouées sur la touche) est accordé comme le luth, mais de par sa longueur (86 à 99cm), un acc ord avec "ravalement" a du être adopté : les deux premières cordes sont accordées une octave plus bas que le luth. L'instrument est communément accordé en la, mais l'accord en sol semble avoir existé, notemment à Florence au début du XVIIème (cf. l'un des théorbes dans l'enregistrement de "L'Euridice" de Caccini par Scherzi Musicali). A la différence du luth, le théorbe était généralement monté en cordes simples. Un cordage en chœurs (cordes doubles pour chaque note), même s'il est plus maginal, a aussi existé (cf. l'un des deux théorbes dans le CD "Dulcis Amor Iesu" de Sances par Scherzi Musicali). Les cordes utilisées étaient généralement le boyau, même si d'autres matériaux, tels que le métal ou la soie, ont été expérimentés.

Illustration à gauche : Grand théorbe Romain ou Chritarrone - Praetorius, Syntagma Musicum, 1619

Le théorbe dans le reste de l'Europe
A l'instar de nombreux paramètres musicaux, de nombreux instruments italien ontvie été adoptés par d'autres pays d'Europe. Le théorbe se retrouve sous une forme similaire en France (bien qu'on n'ait visiblement pas conservé d'instrument français), accordé en la avec des cordes simples. Pour la musique solo, on pourrait avoir utilisé un instrument plus petit, le "théorbe de pièces", accordé à la quarte supérieure. Du théorbe anglais, ils ne nous reste que des peintures, gravures et descriptions assez précises : un plus petit que l'italien, il était cordé en sol, avec un ravalement simple et des cordes doubles (à l'exception des deux premières). La particularité de cet instrument était qu'il y a un sillet pour chaque basse (double), et que leur longueur vibrante est proportionelle à la gravite de la note.


Illustration : English theorbo - T. Mace, Musick's Monument (London. 1676) p 32

Les réglages historiques
De par les contraintes de transport et de jeu qui résultent de l'utilisation de très grands instruments, de nombreux luthistes modernes jouent sur des petits théorbes (jusqu'à 70cm pour le petit jeu et 90cm pour le grand jeu), dont les dimentions sont complètement improbables pour le dix-septième siècle. Les cordes utilisées à l'époque étaient en boyau nu, et pour produire un son convainquant, ne devaient pas être trop grosses. Dès lors, la longueur vibrante des cordes devait être assez importante. Une première technique a été d'inventer des cordes en boyau allourdies par une substance contenant des sels de mercure ; le matériau devenu plus dense, la corde pouvait être plus fine et produire un son plus riche en harmonique aigues. L'invention de la corde filée à la fin du XVIIème siècle (un fil de cuivre ou d'argent est enroulé autour de la corde en boyau) a permis de construire des instruments plus courts, voire de raccourir certains instruments plus anciens. L'utilisation de ces cordes avant 1680 est donc très peu probable. En outre, un petit théorbe monté avec des cordes filées pour les basses résulte sur un univers sonore très différent de celui des grands instruments cordés avec du boyau nu : beaucoup plus d'harmoniques aigus, moins de fondamentale, et une raisonnance due au métal qui brouille très souvent le discours musical.

Nos instruments
Théorbe Klaus T. Jacobsen, London, 2002 (NA)
Théorbe Lars Jönsson, Dalarö, 2007 (SL)
Théorbe Lars Jönsson, Dalarö, 2002 (SL)