renaissance lute

Le roi des instruments

Le luth est à la renaissance ce que le piano sera du XIXème siècle. Un instrument apprécié, présent dans toute maison d'une certaine classe sociale qui se respecte, mais surtout l'instrument de prédilection des compositeurs. Cet instrument facile à transporter permet en effet de jouer la plupart du répertoire des chansons, et deviendra l'instrument de prédilection pour accompagner le chant. Le luth a une longue histoire (depuis la mésopotamie , ) au cours de laquelle il n'a cessé d'evoluer et de s'adapter pour répondre aux besoins du langage musical en constant développement. Progressivement de 6 à 10ch (par une simple extension du registre vers le grave), il conserve l'accord dit "vieux-ton", mais se décline sous toutes les tailles possibles, allant de la tessiture du sopranino (en sol) au registre de luth basse (en ré ou en do, allant jusqu'à 95cm de longueur vibrante), deux octaves et demie plus bas. Le luth le plus commun est le ténor, en sol longueur vibrante autour de 60cm).

Le luth après la renaissance
Peu à peu détrôné par le clavecin, le luth restera un instrument majeur au XVIIème siècle, connaissat deux grandes orientations : les grands instruments de basse continue, tels que le théorbe et l'archiluth qui conserveront l'accord en "vieux-ton", et le luth baroque (en France et en Allemagne), qui adoptera un nouvel accord dit "nouveau-ton" en ré mineur.

Les réglages historiques
Une des particularités du luth est la doublure à l'octabve supérieure des cordes graves. Cette doublure a pour rôle de compenser le manque d'harmoniques aigus des cordes graves. En effet, les cordes utilisées à l'époque étaient en boyau nu, et les cordes d'un calibre trop gros produisent un son un peu sourd. Il existe depuis la fin du XVIIème siècle des cordes en boyau filé : un fil de cuivre ou d'argent est enroulé autour de la corde corde augmente la densité du matériau, ce qui permet d'avoir un calibre de corde plus fin pour une même tension. Bien que ces cordes sont majoritairement utilisées de nos jours, leur son est très différent des cordes non-filées. Ces dernières offrent un son beaucoup plus mate, moins de raisonnance, et favorisent tant l'équilibre de l'instrument que la transparence de la polyphonie.

Nos instruments
Luth ténor 8ch en sol, Giuseppe Tumiati, Milano, 2002 (NA)
Luth basse 9ch en ré, Daniel Desjardins, Ottawa, 1997 (NA)