Triple Harp

La harpe aux XVIIème et XVIIIème siècles
Moins populaire que le luth ou le clavecin, la harpe est bien présente à l'ère dite baroque. On l'appelle harpe triple, car l'instrument dispose de trois rangées de cordes parallèles.

Contrairement à la harpe moderne, les harpes anciennes n'ont pas encore de mécanisme de pédales pour altérer les notes. Les cordes, en boyau ou en soie, sont plutôt disposées dans une logique de clavier : deux rangée de cordes pour les notres diatoniques à l'extérieur (à droite pour le médium et l'aigu, à gauche pour le médium et les graves), et une rangée au milieu pour les notes chromatiques (disposées entre les cordes diatoniques de telle sorte qu'elle sont accessibles au besoin par la main droite ou la main gauche). La grande particularité de la harpe triple est la doubluredeux mains des notes diatoniques du registre medium, et ce sur aux moins deux octaves ; l'instrument offre donc de nombreuses possibilités en terme d'arpègement et de raisonnance.

Bien que fort présente dans l''iconographie, seul deux exemplaires de harpes triples nous sont parvenus - phénomène compréhensible, notemment par la fragilité de l'instrument et la forte tension de cordes à laquelle il est soumis. Le répertoire spécifiquement écrit pour harpe n'est pas immense, mais contient quelques pièces d'une virtuosité dépassant celle des pièces pour clavecin... Une grande partie du répertoire pour luth et pour clavecin se prête cependant très bien à être joué sur la harpe.

Au XVIIème siècle, est est surtout jouée en Italie (Florence, Naples, Rome...), mais probablement dans d'autres pays d'Europe tels que la France et en Angleterre. La harpe triple reste bien présente au XVIIIème siècle : on trouve par exemple encore des parties obligées pour harpe dans des opéras et oratorios de Hændel.
En outre, la harpe a connu une histoire glorieuse en Espagne, mais sous une forme un peu différente : deux rangées de cordes (diatoniques et chromatiques) dans une disposition croisées ; l'instrument se joue debout, et les cordes sont pincées près des chevilles.

Notre instrument
Harpe triple (anonyme, Bologna) Reiner Thurau, Wiesbaden 2006 (NA)