Archlute

L'archiluth et le liuto attiorbato

L'extension du registre du luth vers le grave et le besoin de basses plus sonores pour accompagner le chant du début du XVIIème siècle a vu le luth de la fin de la renaissance (10 choeurs en général) agrémenté d'un second manche pour les basses, à l'instar du théorbe. Hormis les basses, le luth reste inchangé, accordé en sol ou en la, et le monté avec des cordes doubles. L'instrument, à 14 chœurs, coexiste sous deux formes.

Le liuto attiorbato a des basses doubles (accordées en octaves), ne nécessitant dès lors qu'une extention courte (autour de 95 cm). Il est plutôt approprié pour la musique soliste et l'accompagnement dans des petites formations (cf. l'enregistrement de l'Euridice de Caccini par Scherzi Musicali)

L'archiluth à proprement parler a un manche beaucoup plus long pour pouvoir y tendre des basses en cordes simples (140cm environs) permettant des attaques sonores, tout comme le théorbe. Il en résulte un instrument moins intrinsèquement cohérent (la transition brusque entre les graves du petit jeu en cordes doubleés à l'octave et les longues cordes simples du grand jeu), mais plus efficace en grande formation (cf. les enregistrements "Dulcis Amor Iesu" de Sances et Petits Motets de Fiocco par Scherzi Musicali).

L'archiluth n'est pas à confondre avec le théorbe dont il diverge par la taille, et donc la tessiture. L'archiluth a une fonction appelée "ornamento" dans la basse continue : son registre plus aigu permet la réalisation de la basse continue d'un point de vue plus mélodique (contre-point), alors le théorbe, de par sa taille et son registre grave, est destiné à soutenir la basse et l'harmonie.

L'archiluth a surtout été utilisé en italie, mais il a également été utilisé dans d'autres pays d'Europe, jusqu'à la seconde moitié du XVIIIème siècle.

Les réglages historiques
Tout comme pour le théorbe, de nombreux compromis se sont installés dans la pratique moderne. Il n'est pas rare de voir des archiluths montés en cordes simples. Un tel réglage permet certes de jouer plus fort (surtout dans le registre grave du petit jeu), et de remplir à la fois un rôle de fondamento et ornamento (une sorte de mélange hybride entre l'archiluth et le théorbe). Un tel réglage requiert dès lors une technologie de cordes inexistante au avant la fin du XVIIème siècle, et rapproche le son de l'instrument de celui de la guitare moderne. De part les contraintes de transport, il est également très fréquent de voir des petits archiluths (liuto attiorbato), monté avec des cordes simples : le registre des basses ne dépassant pas les 95cm, monté dès lors avec des cordes filées, est à mille lieues de l'esthétique sonore pour laquelle ces instruments ont été conçus. Au sein de Scherzi Musicali, croyons fortement à des réglages organologiquement probables, convaicus que ces réglages valorisent au mieux les instruments et l'adéquation de ces derniers avec la musique jouée.

Nos instruments
Achiluth (Hartz, Roma 1665) Hendrik Hasenfuss, Eitorf 2008  (NA)
Liuto attiorbato (Sellas) Luciano Faria, São Paulo, 2006 (SL)
Théorbe Lars Jönsson, Dalarö, 2002 (SL)